Oswaldo
de Rivero, ancien ambassadeur du Pérou aux Nations
Unies, a dirigé la délégation de
son pays lors des négociations du GATT et travaille
aujourd'hui auprès de l'Organisation mondiale du
Commerce (OMC). Dans cet ouvrage, il décortique
tous les facteurs du sous-développement des pays
du sud, rapports du PNUD et du FMI à l'appui, parsemés
des chiffres effrayants sur les inégalités
à l'échelle planétaire. Sa thèse
: les pays en voie de développement ont de bonnes
chances de le rester.
Ces
" quasi-Etats-nations ", lieux stratégiques
pendant la guerre froide, aujourd'hui oubliés,
ne se sont jamais formés complètement en
tant qu'Etats ou en tant que Nations. Ils n'ont aucun
pouvoir de négociation au niveau international
et ne pèsent durablement sur aucune décision.
Devenus " vicaires du capitalisme mondial ",
ils paraissent condamnés à se fondre dans
un capitalisme global extraterritorial qui échappe
par là même aux règles du contrôle
démocratique.
Ces
pays -plus de 150 selon l'auteur- sont victimes du cycle
infernal de la pauvreté : la faible croissance
du revenu par habitant, la croissance explosive de la
population (des taux supérieurs à 2,5% par
an) et une mauvaise répartition des revenus nationaux,
une équation néfaste qui perpétue
la misère. Parmi les 150 Etats, plusieurs sont
devenus des " entités chaotiques ingouvernables
", en proie à des conflits incessants. D'ailleurs,
face à ces conflits, l'Onu est pratiquement impuissante
en raison du manque d'engagement des Etats décisionnaires
(qui craignent la sanction des urnes).
En
conclusion, la seule possibilité de sortir du sous-développement,
est de s'adapter à la donne mondiale qui exige
de rattraper le retard technologique, de moderniser l'économie
et de freiner le taux de natalité. Et même
s'ils réussissent à moderniser la production
et les exportations, s'ils trouvent la voie du développement
économique et social, cela prendra du temps, au
minimum deux décennies au cours desquelles ils
devront atteindre un équilibre entre la croissance
de la population et les ressources vitales (nourriture,
énergie, eau).
Ce
livre donne des exemples frappants et véhicule
des idées intéressantes. Seul bémol
: elles ne sont pas franchement novatrices.
Par
Stéphanie Chemla- Juillet 2004
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