Région
longtemps restée à l'ombre de la Russie
tsariste, puis soviétique, l'Asie centrale a émergé
sur la scène internationale après la chute
du communisme. Voilà maintenant plus de quinze
ans que ces cinq Etats d'Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizstan,
Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan)
sont indépendants. Le bilan politique, économique
et social n'est guère réjouissant : dérive
autoritaire, mise sous tutelle de la société
civile, privatisation des richesses, népotisme
du clan présidentiel, appauvrissement de la population,
instrumentalisation politique de la lutte contre le terrorisme
après le 11 septembre
Un diagnostic plutôt
négatif, décrit avec précision dans
cet ouvrage, écrit à quatre mains.
Les
auteurs, spécialistes de la région à
l'Inalco (Institut national des langues et civilisations
orientales), brossent un portrait sans complaisance de
l'évolution de ces cinq Républiques centre-asiatiques.
Les espoirs de changement et de démocratisation
nés au lendemain de la chute de l'URSS n'ont finalement
rien donné, si ce n'est un durcissement autoritaire
des régimes en place. " Les cinq Etats,
malgré leurs différences de parcours, ont
tous joué la carte de l'absolutisme éclairé,
présentant leur autoritarisme comme un paternalisme
nécessaire face à la jeunesse de leur Etat
et à la prétendue immaturité du peuple
vis-à-vis de la démocratie ", expliquent-ils.
Aujourd'hui,
la région est à la croisée des chemins.
Des échéances électorales de première
importance sont prévues en 2006 et 2007 pouvant
ouvrir la voie au changement. Selon nos auteurs, toutes
les hypothèses sont à envisager en fonction
des configurations de chaque pays : révolution
de palais, révolution " florale " sur
le modèle des révolutions géorgienne,
ukrainienne et kirghize, vagues de violence avec répression
du pouvoir
L'alternance par les urnes semble difficile
tant les pouvoirs en place ont verrouillé le système.
" Pour le Turkménistan, il semble difficile
d'envisager une solution autre que la révolution
de palais (
) Au Tadjikistan et au Kazakhstan, l'éventualité
d'une " révolution " n'est pas à
exclure si les chefs d'Etat refusent à céder
leur place (
) C'est en Ouzbékistan que la
situation est la plus incertaine, et divers scénarios
peuvent être envisagés ", préviennent
Marlène Laruelle et Sébastien Peyrouse.
Par
Julien Nessi - mai 2006
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