Directeur
adjoint de la rédaction du quotidien Les Echos,
Erik Izraelewicz raconte dans son nouvel essai la montée
en puissance de la Chine sur la scène économique
internationale. C'est à une véritable plongée
dans l'hypercapitalisme chinois auquel nous convie le
journaliste.
"
L'une des missions d'un journaliste économique,
c'est de faire ressortir les évolutions économiques,
de les analyser, de les expliquer et d'en faire la pédagogie
", explique Erik Izraelewicz dans son bureau
du quotidien Les Echos. Depuis qu'il a embrassé
la carrière de journaliste économique, il
n'a pas cessé de s'appliquer ce credo. D'abord
à L'Expansion, puis au service économique
du Monde pendant 15 ans, et enfin aujourd'hui à
la tête de la rédaction du principal quotidien
économique français. Pour cet ancien diplômé
d'HEC et docteur en sciences économiques, la pédagogie
par l'exemple vaut souvent mieux qu'un long discours.
Après
avoir consacré un ouvrage remarqué sur "
le capitalisme zinzin ", prix du Livre d'Economie
du Sénat en 1999, il s'est intéressé
de près au décollage économique de
la Chine et à la mutation folle que connaît
l'Empire du Milieu depuis 25 ans. " Je ne suis
ni un sinologue, ni un ex-Maoïste, mais simplement
un observateur attentif des phénomènes économiques
", précise-t-il. Son premier voyage en
Chine remonte à 1990 alors qu'il accompagnait une
délégation de chefs d'entreprises français
à Shanghai. Depuis cette date, il s'y rend au moins
une fois par an pour couvrir l'actualité de ce
nouveau géant économique. " Quand
la Chine change le monde ", le titre de son nouvel
essai, est une plongée dans les méandres
de l'hypercapitalisme chinois, mêlant récits
de voyage, portraits d'entrepreneurs et de nombreuses
rencontres sur le terrain avec les acteurs économiques
de cette grande métamorphose chinoise. "
Jamais dans l'histoire économique, on n'a vu un
pays aussi peuplé (1,3 milliards d'habitants) connaître
une croissance aussi forte (de l'ordre de 8% à
9% par an) pendant une période aussi longue (vingt-cinq
ans) ", prévient-il.
Son
nouveau livre analyse ainsi comment la Chine change notre
vie, des lecteurs de DVD estampillés " made
in China " aux jouets dispersés sous le sapin
de Noël, tous fabriqués dans les ateliers
de l'Empire du milieu.
" Ma thèse n'est pas de montrer que la
Chine représente un nouveau péril jaune
ou une menace pour nos économies. Elle consiste
simplement à expliquer, exemples à l'appui,
comment ce pays de la démesure est en train de
devenir le facteur principal de déstabilisation
de l'économie mondiale ", explique le
directeur adjoint des Echos. Car la Chine, en 2005,
représente 5% de la production mondiale et pèse
6% des échanges mondiaux. Elle ne cesse de prendre
de fortes positions dans de nombreux domaines (textile,
fabrication de jouets, de bicyclettes, de produits technologiques
).
Pour assurer son développement économique,
elle absorbe également de nombreuses matières
premières (charbon, acier, coton
).
Face
à l'arrivée de ce méga-dragon, les
économies développées risquent d'être
profondément déstabilisées dans les
vingt prochaines années. Mais, pour Erik Izraelewicz,
ces évolutions rapides ne doivent pas nous faire
peur. Au contraire, " le marché chinois
représente une terre d'opportunités sans
précédent pour nos entreprises. Avec l'émergence
d'une classe moyenne en Chine, ce sont de nouveaux consommateurs
qui vont apparaître, autant de nouveaux clients
pour nos entreprises. A nous donc de trouver les moyens
de saisir les opportunités existantes
".
Par
Julien Nessi - novembre 2005
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