L'Asie
du Sud-Est est considérée comme un haut
lieu de la piraterie maritime. Le détroit de Malacca,
situé entre l'île indonésienne de
Sumatra (province d'Aceh) et la côte occidentale
de la Malaisie, en est le point chaud, où "
les pirates, juchés sur leurs pirogues motorisées,
peuvent à tout moment bondir sur leurs proies ".
Phénomène ancien, la piraterie maritime
refait parler d'elle depuis une dizaine d'années
en raison de la recrudescence des attaques en mer d'Asie.
Les zones de turbulence sont connues, mais les autorités
s'avèrent souvent impuissantes pour endiguer cette
nouvelle forme de violence qui sévit dans les eaux
asiatiques.
Les cargos sont les premières victimes de cette
piraterie moderne : ils peuvent être dévalisés
de leur marchandise, détournés vers un lieu
inconnu ou tout simplement kidnappés pour être
réutilisés sous d'autres couleurs et sous
un autre nom
C'est
cet univers inhospitalier que nous dépeint le journaliste
Solomon Kane, au grès de ses reportages dans les
cales des cargos, les ports inhospitaliers ou auprès
des patrouilles de la police des mers. Francis Martin,
quant à lui, s'intéresse de près
aux conséquences économiques de la piraterie
maritime sur le commerce mondial car 90 % des marchandises
transitent par les mers d'Asie.
Dans
un scénario catastrophe, digne des plus sombres
romans d'anticipation, les deux auteurs imaginent même
un blocus maritime orchestré par des terroristes
dans le détroit de Malacca afin de répondre
à la question : un 11 septembre maritime pourrait-il
faire vaciller l'économie mondiale ? "
Les retombées d'un blocus maritime du détroit
le plus fréquenté du globe (50 000 navires
par an, parmi lesquels 8 000 pétroliers, gaziers
et autres chimiquiers) seraient catastrophiques dans une
économie aujourd'hui mondialisée ",
mettent en garde nos deux flibustiers enquêteurs
Par
Julien Nessi - octobre 2005
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