Levent
Ünsaldi : «
Face à l'adhésion européenne,
souverainistes et pro-européens s'opposent
au sein de l'appareil militaire turc »
Novembre
2005 - Propos recueillis par Julien Nessi
Alors
que les négociations pour l'entrée
de la Turquie dans l'Union européenne
vont rythmer les débats à Bruxelles
en 2006, le chercheur Levent Ünsaldi s'intéresse
au rôle et au pouvoir des militaires en
Turquie. Ancien officier de réserve dans
l'armée turque, lauréat en 2004
(catégorie doctorat) des Prix scientifiques
de l'Institut des Hautes Etudes de Défense
nationale (IHEDN) et spécialiste des
politiques militaires en Turquie, il est l'auteur
de " Le militaire et la politique en
Turquie " (Edition L'Harmattan, 2005).
Entretien exclusif pour Cyberscopie.
Cyberscopie
- Quel est l'état actuel de l'armée
turque ? Ses forces armées constituent-elles
une des plus puissantes d'Europe ?
Levent
Ünsaldi - « Forte de 421
000 hommes, l'armée turque constitue,
pour l'année 2005, la deuxième
plus grande armée de l'OTAN, malgré
une nette tendance à la baisse (de l'ordre
de 30 %) ces dernières années.
Ses effectifs sont passés de 610 000
hommes en 2001 à 421 000 en 2005. A noter
qu'à côté de l'armée,
la gendarmerie représente un dispositif
militaire de 180 000 hommes. La part de l'armée
dans le PIB (4,2 % en 2003) est également
supérieure à la moyenne de l'Alliance
atlantique (2,7 % du PIB pour la même
année).
Les forces turques, basées essentiellement
sur la conscription obligatoire, sont façonnées
sur un modèle voisin des grandes unités
de l'Otan. L'origine des matériels montre
une influence américaine assez forte.
L'armée de Terre demeure une armée
conventionnelle dotée d'un équipement
militaire lourd (en partie obsolète,
il est vrai), lui permettant, pour l'année
2002, de constituer le deuxième plus
grand parc de chars et d'obusiers (automoteurs
ou tractés) ainsi que le troisième
plus grand parc de véhicules blindés
au sein de l'OTAN. Pour l'année 2005,
les forces terrestres classiques s'articulent
autour de 4 180 chars dont 397 Leopard A1/A3
et 906 M60A1/A3. Ce parc est en cours de rénovation
avec l'aide d'Israël, chargée de
la modernisation des chars M60 de fabrication
américaine. La Marine comprend de son
côté 83 bâtiments de combat,
128 bâtiments de soutien, 13 sous-marins
et 106 patrouilleurs. Elle reste donc, parmi
les marines occidentales, une force opérationnelle
importante avec des unités performantes
et modernes. Enfin, l'armée de l'Air,
une force de très bon niveau technique,
est forte de 420 chasseurs, dont 219 F-16 C/D.
»
Quel
rôle joue aujourd'hui l'armée turque
au sein de l'Otan ?
Levent
Ünsaldi - « Durant la
guerre froide, la Turquie, la sentinelle avancée
de l'OTAN face au bloc de l'Est avec son voisin
grec, jouissait d'une position géostratégique
éminemment sensible. Après la
disparition des blocs et la normalisation progressive
de la Russie, nombreux sont ceux qui croyaient
que cette spécificité stratégique
était plus un reliquat de la guerre froide
qu'une réalité incontournable.
Mais les conflits de la post-guerre froide,
souvent tragiques (éclatement de la Yougoslavie,
multiplication des conflits interethniques dans
la région, crise du Golfe ou encore conflit
du Haut-Karabakh), défont inexorablement
ces illusions. Ils ont montré avec force
le rôle de stabilisation jouée
par la Turquie en tant que pilier Sud de l'OTAN
dans cette partie du globe à haute turbulence.
Jusqu'à la fin des années 80,
les forces armées turques étaient
en effet équipées, organisées
et déployées pour faire face aux
unités du pacte de Varsovie. La dissolution
de ce dernier et ses conséquences ont
imposé une adaptation : l'abandon de
l'échelon division dans l'armée
de Terre. Il n'en reste pas moins que l'armée
turque reste toujours articulée sur un
modèle classique, essentiellement terrestre
et encore assez figé. Les unités
de l'armée de Terre turque sont à
cet égard caractérisées
par leur faible flexibilité opérationnelle,
puisque elles sont souvent composées
de gros bataillons équipés d'un
armement lourd, difficiles à déployer
rapidement et inaptes pour des missions spécifiques
demandant une plus grande modularité
des forces. Notez enfin que de manière
générale, on peut constater en
Turquie un déficit de discussion publique
sur la stratégie militaire proprement
dite et les options du pays en matière
de défense. Quelle armée face
à quelles menaces ? Quelle armée
pour quelle société ? Quel type
d'armée avec quels moyens ? L'enthousiasme
des Turcs pour leur armée, favorables
dans leur grande majorité au maintien
du service national, serait donc plus le fait
d'un patriotisme fort que le résultat
d'un jugement informé quant aux performances
de cette armée, mise à part, bien
sûr, la lutte contre le séparatisme
kurde du PKK qui fut, en soi, une réussite,
mais relève d'un autre type de combat,
asymétrique et non-conventionnel. L'armée
est là perçue comme une institution
récapitulant une tradition, garante de
la sécurité, emblème de
la souveraineté nationale : une valeur
symbolique, difficilement critiquable en tant
que telle. »
On
présente souvent l'institution militaire
en Turquie comme un "Etat dans l'Etat".
Qu'en est-il, selon vous, de la réalité
du pouvoir militaire en Turquie ?
Levent
Ünsaldi - « En effet,
détentrice de certains privilèges
institutionnels, portée par l'exaltation
nationaliste et renforcée par l'emprise
que la conscription lui offre, l'armée
en Turquie constitue aujourd'hui un acteur permanent
de la vie politique, un acteur qui, même
s'il se retranche périodiquement dans
ses quartiers, n'en continue pas moins, à
l'arrière-plan, d'influencer les destinées
nationales. Mais de là à dire
que l'armée décide de tout, domine
tout, manipule tout en Turquie, il y a un pas
que je m'interdirais de franchir ; ce serait
méconnaître, ce serait sous-estimer
un espace politique voire démocratique
qui existe bel et bien. Notez qu'aussi paradoxal
que cela puisse paraître, toutes les ingérences
martiales dans l'histoire de la Turquie républicaine
se sont inscrites dans une logique chère
aux militaires qui affirment intervenir non
pas pour anéantir ou détruire
la démocratie, comme ce fut le cas sous
d'autres cieux, mais pour l'améliorer,
la renforcer, l'amender, voire la protéger.
Aussi, la faible durée des régimes
militaires en Turquie s'explique-t-elle par
leur illégitimité telle qu'elle
est perçue par les militaires. Quel que
soit leurs discours, ceux-ci savent fort bien
qu'ils ne peuvent pas aller à l'encontre
de la démocratie pluraliste, mais dont
ils doivent finalement se réclamer. Une
sorte de caudillisme à la turca qui renverrait
aux ambitions personnelles de certains chefs
militaires et/ou aux déterminants corporatifs
institutionnels n'existe donc pas. A contrario,
un certain attachement des " citoyens en
uniforme " au système représentatif
civil est omniprésent. Si l'on en reste
à la définition classique selon
laquelle l'usurpation martiale vise, pour l'essentiel,
la rupture définitive de la continuité
institutionnelle par la force des armes, dans
le cas turc, la rupture de légitimité
civile provoquée par l'armée n'en
est pas véritablement une, puisque les
militaires ne cherchent pas à remplacer
l'ancienne légitimité par une
nouvelle à l'instar des régimes
autoritaires européens entre 1920 et
1945. Ils ne la contestent pas, ils la suspendent.
La question se pose donc, à mon sens,
non pas en termes de domination ou de tutelle
absolues trouvant son expression la plus complète
dans une espèce de dictature militaire
déguisée, comme veulent nous faire
croire les détracteurs de la Turquie,
mais en termes d'imbrication permanente des
instances civiles et militaires dans des jeux
et calculs politiques complexes où la
branche militaire de l'appareil étatique
est sans cesse sollicitée par les divers
aspirants du pouvoir.
L'approche que je privilégie ici, diffère
ainsi largement de certaines grilles d'analyse
qui considèrent la vie politique turque
comme une scène de confrontation de deux
sphères bien tranchées (les militaires,
partisans du système étatique
en vigueur résolument " autoritaire
" et les civils favorables à sa
refonte de fond en comble). Cette dichotomie
civil-militaire tant évoquée ne
me parait pas opératoire, tout simplement
parce que tout en étant la branche militaire
de l'Etat, l'institution militaire s'inscrit
dans un tissu social et constitue l'enjeu et
le terrain des luttes civiles. Au demeurant,
on s'aperçoit que l'armée intervient
non seulement dans les luttes politiques internes
comme sujet actif, mais également comme
objet dans la mesure où de différents
côtés de l'échiquier politique
et idéologique, on cherche à la
conquérir ou à tout le moins à
l'infléchir ou encore à peser
sur son commandement. Tout se passe donc, semble-t-il,
comme si les militaires étaient des partenaires
nécessaires, toutefois difficiles à
gérer dans un jeu complexe et parfois
byzantin où rien ne se fait contre eux
ni sans eux. »
Quel
rôle joue exactement le MGK, le Conseil
national de sécurité, la principale
institution militaire au centre du système
politique
turc ?
Levent
Ünsaldi
- «
Instauré par la Constitution de 1961
et dominé jusque-là par les militaires,
le MGK qui, par définition et doctrine,
plaçait au premier rang les questions
de sécurité, ne représente
plus aujourd'hui qu'un organe consultatif dont
le pouvoir décisionnel est considérablement
restreint, suite aux réformes récentes
engagées par le gouvernement de l'AKP.
Ainsi, les amendements apportés en juillet
2003 à l'article 118 concernant le rôle
et la composition du MGK prévoient que
ses réunions ne soient plus que bi-mensuelles
et que le secrétaire général
du conseil puisse dorénavant être
un civil nommé par le Premier ministre
et approuvé par le chef de l'Etat. Les
nouveaux textes suppriment également
les pouvoirs exécutifs du conseil, notamment
ceux qui relèvent de la disposition constitutionnelle
habilitant le secrétaire général
du MGK à surveiller, au nom du Président
et du Premier ministre, la mise en oeuvre de
toute recommandation formulée par le
conseil.
S'agissant des réformes de démocratisation,
restées en suspens depuis des années,
le bilan du gouvernement de l'AKP apparaît
donc tout à fait honorable à première
vue. La preuve que pour peu que le pouvoir politique
se montre déterminant au service d'une
politique cohérente, il découvre
que l'intransigeance militaire cède la
place à une plasticité quelquefois
surprenante. La capacité de résistance
du monde militaire est inversement proportionnelle
à la détermination et au savoir-faire
du politique (la période Özal en
constitue un exemple à méditer).
Les militaires résistent d'autant plus
fort que le politique flotte et n'arrive pas
à se décider.
Cependant, si l'on assiste aujourd'hui à
un processus de démocratisation réel
en ce qui concerne l'appareil étatique
et le pouvoir exécutif, le flou n'en
demeure pas moins, s'agissant du primat du politique
sur le militaire. Ainsi par exemple, la suppression
des pouvoirs exécutifs du MGK ne conduit
pas indubitablement à la disparition
du droit de regard présumé légitime
des " gardiens de la Cité "
sur les affaires de l'Etat. Sa transformation
en organe consultatif n'enlève pas aux
militaires leur extrême sensibilité
à l'ordre interne. La modification de
la fréquence des réunions du MGK
n'altère pas la place politique des militaires
ni l'image qu'ils ont de leur institution et
de son rôle. Certes, certaines des conditions
politico-sociales et internationales nécessaires
pour la réussite de toute offensive martiale
contre le pouvoir civil, font sans doute défaut
aujourd'hui. On peut même dire que le
militaire n'intimide plus comme auparavant.
Il reste que les prétoriens de l'Etat
sont toujours là, qu'ils n'ont rien renié
de leur action passée et n'ont en rien
modifié leurs valeurs et réflexes
institutionnels. Par ailleurs, leur implication
constante dans les luttes politiques des secteurs
civils comme sujet actif, mais également
comme objet, comme j'y ai fait allusion précédemment,
leur confère des prérogatives
politiques importantes en tant qu'acteur majeur
et permanent de la vie publique.
Enfin, remarquez que le MGK ne constitue nullement
le seul organe par lequel les sensibilités
et les opinions des militaires à l'égard
de l'évolution du pays se trouvent exprimées.
Ils disposent de bien d'autres moyens pour se
faire entendre (déclarations publiques
strictement politiques, proclamations messianiques
de l'état-major en faveur d'une telle
politique ou d'une autre, ou encore " avis
" ou " vux " exprimés
par tel ou tel autre membre de l'establishment
militaire
). »
La
Turquie frappe aux portes de l'Europe. L'imbroglio
chypriote et la question kurde sont parmi les
dossiers les plus chauds des négociations.
Le pouvoir militaire est-il responsable des
blocages actuels ? Les militaires turcs sont-ils
favorables à l'entrée de leur
pays dans l'Union européenne ?
Levent
Ünsaldi
- «
Non,
je ne pense pas que l'armée soit directement
responsable du blocage observé aujourd'hui
dans le dossier chypriote, fort complexe et
indissociable en réalité des luttes
d'influences qu'Ankara et Athènes mènent
dans cette région. L'île étant
devenue, depuis fort longtemps, lieu de cristallisation
de multiples contentieux gréco-turc (le
partage du plateau continental en mer Egée,
la définition de l'espace aérien
et les contestations sur certains îlots
inhabités
), il serait sans doute
injuste de faire endosser la responsabilité
au seul état-major turc, en raison de
son opposition au retrait de ses troupes.
Ensuite, en ce qui concerne la question kurde,
il est vrai que dans le cadre de la lutte contre
le PKK, l'armée fut investie, tout au
long des années 90, des plus lourdes
responsabilités (rétablissement
de l'ordre, reconquête de la population
locale par le biais de l'action psychologique).
Se méfiant des initiatives politiques
civiles, elle a évolué à
l'écart du contrôle démocratique,
faisant de la lutte antisubversive une affaire
personnelle en s'engageant totalement dans le
combat, au point que la reprise en main des
affaires par les civils s'est révélée
impossible. Les principes d'obéissance
et de subordination furent ouvertement bafoués
sans que le pouvoir politique réagisse.
Mais faut-il encore rappeler qu'il s'agissait
aussi là d'une carence des autorités
civiles, notamment responsables, qui a contraint
les militaires à assumer des responsabilités
qui ne leur appartenaient pas. L'accroissement
de l'emprise militaire est, de toute évidence,
concomitant d'une crise de la démocratie.
Ce risque est d'ailleurs toujours présent.
Ainsi la récente recrudescence de la
violence dans l'Est du pays et la reprise de
la guérilla de l'ancien PKK, rebaptisé
Kongra-Gel, après quatre ans de sommeil,
peuvent, a fortiori, modifier, sinon bouleverser,
à terme, la donne des rapports civilo-militaires
en accroissant le poids de la branche militaire
de l'Etat dans le processus décisionnel.
Enfin, s'agissant de l'attitude de l'armée
à l'égard du processus d'adhésion
à l'UE, de nombreuses lignes de clivage
politique la parcourent. Certains sont partisans
d'une conduite politique plus " souverainiste
" et d'autres, au contraire, sont moins
réticents quant à la reprise de
l'acquis communautaire. Cette seconde ligne
semble être incarnée par le chef
d'état-major actuel Hilmi Özkök,
disposé à suivre l'orientation
européenne du gouvernement et à
cantonner l'institution dans ses fonctions spécifiquement
militaires. Ne serait-ce que pour la renforcer
davantage en l'éloignant des tumultes
politiques des secteurs civils. Toutefois, comme
je viens d'y faire allusion à l'instant,
ceci n'empêche en rien l'existence, au
sein de l'institution, des courants, que l'on
peut qualifier de " souverainistes "
et qui s'opposent à ce titre au train
de réformes, pour l'adhésion à
l'UE. Il y a aussi une troisième position
qui peut paraître plutôt attentiste
ou prudente et qui consiste à ne pas
prendre parti et s'en remettre à l'obéissance
au chef.
Ce bouillonnement interne n'est pas resté
cantonné aux armées et a donné
lieu à des prises de positions publiques.
La presse nationale et étrangère
lui a largement consacré ses colonnes.
A présent, si le profil bas adopté
par le chef des armées dans ses rapports
avec le gouvernement affaiblit considérablement
la position des " durs " de l'institution
(attitude explicitement approuvée d'ailleurs
par les grands médias et la bourgeoisie
d'Istanbul) et si quelques-uns de leurs représentants
les plus en vue dans le haut commandement furent
mis à la retraite en août dernier,
non pas en raison d'une quelconque purge mais
pour raison d'âge conformément
aux dispositions constitutionnelles, il est
assez prévisible que la résistance
de la faction " souverainiste " persistera.
Non pas probablement en termes directs (publiquement),
comme ce fut naguère le cas, mais sous
forme de pression exercée sur le haut
commandement.
Cependant, porté par le climat d'exaltation
nationaliste régnant dans l'institution
depuis " le lâchage " américain
pendant la guerre en Irak, le courant "
souverainiste ", a, lui aussi, ses propres
atouts. L'arrestation musclée, en juillet
2003, par les forces américaines à
Souleimanieh, dans le Nord de l'Irak, de onze
membres des forces spéciales turques,
soupçonnés d'actes de provocation
et de complot, ressentie comme une humiliation
profonde par de nombreux militaires, semble
lui avoir fourni de solides bases dans l'institution,
en attisant notamment les critiques, déjà
largement exprimées, à l'égard
du haut commandement. Quoi qu'il en soit, il
est impossible à l'heure actuelle de
connaître le poids respectif de ces deux
groupes antagonistes (" souverainiste "
et " pro-européen " sous réserve
que les catégories soient d'une grande
rigueur scientifique). Si l'on fait une évaluation
quantitative des prises de position en termes
de fréquence et de contenu, alors c'est
le groupe favorable à l'intégration
européenne qui domine. Les militaires
réticents, voire hostiles, à l'UE,
sont moins voyants et n'occupent plus des postes-clés
dans l'organisation.
À partir de ce décryptage modeste
des dynamiques internes, souvent conflictuelles,
de l'institution militaire, il apparaît
alors nettement que les seuls points de vues
ou prises de position " institutionnels
" - c'est-à-dire exprimés
par les organes supérieurs de commandement
- ne sauraient rendre compte du pluralisme des
opinions régnant dans l'institution.
Certes, dans la rhétorique institutionnelle,
le chef doit favoriser l'expression de ces opinions
personnelles, qui, elles, doivent céder
le pas à l'application de la doctrine
officielle quand on le demande. Mais l'on sait
que l'indiscipline ne se commande pas. Le masque
est donc présent dans les rapports de
force au sein de l'organisation tout autant
que sur l'écran des médias télévisuels
célébrant ou fustigeant l'armée.
»
Propos
recueillis par Julien Nessi