Laurent
Vinatier - «Le livre est lié à l'actualité
du 11 septembre 2001 et en rapport sur tout ce que l'on pouvait dire sur la montée
de l'islamisme et l'émergence d'une nouvelle structure, un nouveau commandement
qui serait unifié sous les ordres de Ben Laden. C'est cette piste qui m'a
interpellé. Je me suis alors posé la question, est-ce que les courants
islamistes qui fonctionnent en Asie centrale participent de cette internationale
islamiste. »
Et quelle est votre conclusion ?
Laurent
Vinatier - «Je
me suis rendu compte qu'à priori ce n'était pas le cas. L'idée
de mon livre a été de montrer que les mouvements islamistes d'Asie
centrale fonctionnent sur des problématiques locales. Ils sont alimentés
par des questions et par des positionnements politiques propres à la région.
Il n'y a pas de grande thématique générale ni mondiale. En
cela, effectivement, ils n'appartiennent pas à la mouvance de Ben Laden.
»
Pour
résumer, vous en concluez qu'il n'y a pas de véritable lien fort
entre les mouvements islamistes d'Asie centrale et la mouvance Al-Qaida et Ben
Laden ?
Laurent
Vinatier -«En
fait, les mouvements islamistes d'Asie centrale se réfugiaient et s'entraînaient
la plupart du temps en Afghanistan où, en tout cas, étaient abrités
dans les camps dans le nord de l'Afghanistan. Ils profitaient ainsi de l'apport
financier ou tout au moins en armes du groupe de Ben Laden. Là dans ce
cas, on peut dire qu'il y avait un lien avec l'Afghanistan, mais qui était
un lien pratique. Mais par ailleurs, il n'y avait pas de lien idéologique.
C'est-à-dire que cela marchait dans un sens seulement. Par là, je
veux dire que Ben Laden n'avait pas l'intention de prendre le pouvoir à
Tachkent, la capitale ouzbèke, ni ailleurs dans la région. »
Pourtant
certains discours des islamistes d'Asie centrale semblent reprendre des thèmes
internationalistes ?
Laurent
Vinatier -
«Les mouvements
d'Asie centrale s'appuient sur des problématiques locales pour recruter
mais il est évident que leur discours est à résonance mondiale,
c'est-à-dire qu'ils utilisent les grands thèmes de l'islamisme et
du wahhabisme. Mais il faut bien faire une différence entre le discours
de ces mouvements d'Asie centrale et leurs actions sur le terrain. Dans leurs
brochures qu'ils distribuent partout, il est marqué qu'ils souhaitent un
Etat islamique et qu'il advienne un califat. Ce sont les grandes idées
mondiales, mais dans leurs actions de tous les jours, ils disent aux gens qui
sont avec eux " il faut renverser tel pouvoir parce qu'il est corrompu et
parce que vos enfants ne peuvent pas aller à telle école et parce
que vous mourrez de faim à cause de tel président »
Que
revendiquent les mouvements islamistes d'Asie centrale ?
Laurent
Vinatier -
«Ils ont un
point commun qui est de renverser le pouvoir. Ce que je montre dans mon livre
est qu'il y a deux grands courants actuellement en Asie centrale, c'est le MIO
qui a été un peu décapité maintenant depuis le 11
septembre mais ce n'est pas exclu de le revoir renaître parce que ce n'est
pas certain que ses chefs soient morts et le Hizb ut-Tahrir. Ces gens tiennent
un discours révolutionnaires. Ils disent qu'ils veulent établir
le califat et l'Etat islamique, etc. En vérité, ce discours sert
véritablement à renverser le pouvoir pour le changer. On ne sait
pas ce qui va arriver après. On dit que cela va être un Etat islamique
mais en fait on ne va pas dire exactement ce que cela implique. Il n'y a jamais
un seul discours du Hizb ut-Tahrir qui décrit ce que sera le nouveau pouvoir
s'il parvient à renverser le président Karimov. Et c'est surtout
vrai pour le Hizb ut-Tahrir [" Parti de la libération ", branche
ouzbèke d'un parti fondé en Palestine en 1953 créée
pour la restauration du califat]. C'est un des partis les plus secrets, dont on
ne sait pas grand chose et qui pourtant est celui qui est le plus prospère
et qui se développe le mieux. » [Voir le rapport récent de
l'International Crisis Group (ICG) sur la question : " Radical Islam in Central
Asia : Responding to Hizb ut-Tahrir " du 30 juin 2003].
Pour
ceux qui connaissent mal la région, votre livre leur rappel que l'islam
est très ancien en Asie centrale ?
Laurent
Vinatier - «L'islam est arrivé très vite dans la
région. Une fois que Mahomet a eu sa révélation, les Arabes
se sont déplacés rapidement et dès le VIIIe siècle
ils se sont bien implantés dans la région. Mais l'islam d'Asie centrale
s'est véritablement fondu dans les communautés indigènes
et dans les pratiques locales grâce notamment au soufisme. »
Quelles
sont les grandes tendances et les particularités de l'islam d'Asie centrale
par rapport à celui de l'Arabie Saoudite par exemple ?
Laurent
Vinatier - «Pour répondre à cette question, il
faut prendre une période historique parce que cela change tout le temps.
Si par exemple, on prend la fin du XIXe siècle, on peut dire que l'islam
d'Asie centrale est ouvert qu'il n'est pas du tout rigoriste et qu'il s'attache
à l'identité. On dit à cette époque que l'on est ouzbek
et musulman. Mais avant, vers 1500, l'islam est soufi d'inspiration persane qui
se mélange à l'islam et là-dessus vient se greffer l'influence
turque. C'est alors un mélange de plusieurs influences culturelles, perse
et turque, qui font un islam centrasiatique. »
Depuis
combien de temps pouvons-nous parler " d'islamisme " en Asie centrale
?
Laurent
Vinatier - «En fait, depuis tout le temps. Si l'on dit que l'islamisme
signifie l'islam politique, et que l'islam est appliqué à des fins
politiques sous une forme ou une autre. Dans mon livre, je reviens un peu dans
le passé pour montrer la forme dominante de l'islam politique en Asie centrale,
s'il était de traditions radicales ou plutôt d'inspiration modérée
comme le soufisme, qui était la forme de l'islam la plus répandue
en Asie centrale de 1500 jusqu'aux années 1950. Le soufisme se disait lui-même
apolitique. Il n'y avait pas de soufies qui étaient hommes politiques.
Ils étaient seulement conseillers. Ils exerçaient une influence
mais ils n'ont pas exercé le pouvoir et ne voulaient pas l'exercer. Donc
leur islam n'était pas politique dans le sens où ils ne souhaitaient
pas exercer le pouvoir mais il était politique dans le sens où ils
exerçaient une influence auprès de ceux qui détenaient le
pouvoir. »
S'il
y a toujours eu un islam politique, à quand remonte l'islam que l'on pourrait
caractérisé de radical ?
Laurent
Vinatier - «On peut dire que l'islam radical existe en Asie centrale
depuis le XIXe siècle. A ce moment là, il s'est opposé à
une forme d'islamisme qui se voulait plus modernisateur, plus moderne. La tendance
dominante alors était un courant que l'on appelle " djadid ",
un renouveau au sens modernisateur et pacifiste. Le but était de promouvoir
l'identité des peuples locaux, autochtones, ouzbeks, tadjiks, kazakhs,
par rapport et pas forcément contre l'occupant russe. C'était l'élite
intellectuelle locale, indigène, les penseurs, une élite qui a utilisé
l'islam au profit de l'émergence d'une nouvelle identité. Ils courent
vers 1880 jusqu'à 1925 où là, certains rejoignent les bolcheviks
et participent à la révolution bolchevique et sont rapidement éliminés
parce que la révolution ne va pas tenir ses promesses idéologiques.
»
La
colonisation tsariste puis soviétique ont donc contribué à
cette radicalisation ?
Laurent
Vinatier -
«Effectivement
. Ensuite, il y a eu les " basmatchis " [Mouvement d'opposition à
l'instauration du pouvoir soviétique au Turkestan], dans les années
20-30. On peut y voir là une certaine continuité. Comme les "
djadids " ont échoué, les " basmatchis " vont essayer
de sauver l'identité par l'islam mais de manière plus violente.
»
Et
pendant la période soviétique à proprement parlé ?
Laurent
Vinatier - «Il y a eu ce que l'on a appelé l'islam parallèle.
Ce sont les élites au niveau local qui ont encadré l'islam populaire,
celui qui était pratiqué en cachette des autorités soviétiques.
Ceux qui encadraient cet islam dans la clandestinité ont été
à l'origine des mouvements islamiques qui ont pu émerger dans les
années 80. Ils ont ensuite conduit à la naissance d'un courant politique
en Ouzbékistan et au Tadjikistan, en 1990-1991, le PRI [le Parti de la
Renaissance Islamique]. Le PRI est donc la continuité de cet islam parallèle
populaire.»
Qui
lui-même a conduit au Mouvement Islamique d'Ouzbékistan
Laurent
Vinatier - «En 1991, lorsque des leaders du PRI [Parti de la
Renaissance Islamique] se sont opposés au président Karimov qui
était alors en campagne électorale. Il y a alors une opposition,
fondée sur des bases politiques qui datent de 1990 et de la chute de l'Union
soviétique. A ce moment là, deux mouvances ont émergé.
L'une était représentée par les anciens apparatchiks qui
ont voulu se transformer en démocratie. Ce n'était juste qu'une
démocratie de nom. Et l'autre tendance était islamique au sens d'un
islam politique. Cette situation était valable en Ouzbékistan et
au Tadjikistan. Il y a un véritable courant politique qui existe dans la
région et qui est fondé sur l'islam. En l'occurrence, il est plutôt
modéré. Sauf qu'en Ouzbékistan, il s'est radicalisé
au fil des années 90 pour éclater en 1999 au sein du MIO.»
Et
à quand remonte l'émergence du Hizb ut-Tahrir en Asie
centrale
?
Laurent
Vinatier -
«Véritablement en 1999, après la répression
en réaction à la tentative d'attentat contre le président
ouzbek Karimov. Effectivement, la situation est devenue tellement plus dure au
niveau des droits de l'homme et cela a été associé à
la situation économique qui ne s'améliorait pas et même qui
empirait. Ces deux phénomènes ont été les principaux
moteurs de la montée de la cause islamiste pour le Hizb ut-Tahrir. Pour
le MIO [Mouvement Islamique d'Ouzbékistan, issu du Parti de la Renaissance
Islamique, en lutte contre Karimov, le président ouzbek, et qui souhaite
créer un Etat islamique à partir de la vallée de Ferghana]
en revanche, leur histoire est beaucoup plus politique. »
Peut-on
dire que ces mouvements sont fondamentalistes ?
Laurent
Vinatier -
«Ils ont fondamentalistes
dans leur discours. Mais, en vérité, ils ne sont pas fondamentalistes.
Peut-être leurs chefs, ceux qui ont été éduqués
dans les grandes universités islamiques en Egypte, en Jordanie. Mais les
gens qui les suivent, qu impriment les brochures, qui vont recruter leurs voisins,
etc., ne sont pas fondamentalistes. »
Comment
faire la différence entre fondamentaliste, radicaliste et islamiste ?
Laurent
Vinatier -
«A propos
des fondamentalistes, j'en donnerai une définition idéologique du
terme. Par exemple, on peut dire que les taliban étaient fondamentalistes.
Idéologiquement, ils voulaient l'application de la charia comme programme
politique. Les radicaux, eux le sont par rapport aux moyens " radicaux "
qu'ils utilisent mais il n'y a pas de définition politique. »
Ils
sont comme les fondamentalistes mais c'est la manière de l'exprimer qui
fait leur caractéristique
Laurent
Vinatier - «Parce
qu'il y a des fondamentalistes pacifiques comme les chefs du Hizb ut-Tahrir car
jusqu'à récemment, ils n'ont jamais prôné la lutte
violente. »
Et
la notion d'islamiste qui est souvent associée au terrorisme ?
Laurent
Vinatier - «Le terrorisme, c'est un mode d'action politique.
C'est en fait la guerre du pauvre. Il ne faut pas assimiler islamiste et terroriste.
Tous ceux qui veulent une application, même un tant soit peu politique de
l'islam, peuvent être rangés sous le vocable d'islamistes. Sauf que
aujourd'hui, un peu partout dans la presse, islamiste cela veut dire terroriste.
Ou en tout cas personne dangereuse. Alors que non. Un islamiste peut discuter
de manière complètement normale de politique avec n'importe qui.
»
D'où
proviennent les leaders d'Asie centrale ?
Laurent
Vinatier -
«C'est dur
à dire. Pour le Hizb ut-Tahrir par exemple, on connaît très
mal les leaders. C'est d'abord un mouvement jeune dans la région. En 1992,
il y a eu une politique assez prosélytiste de l'Arabie Saoudite et de la
Turquie pour développer des écoles religieuses en Asie centrale.
Ca s'est arrêté parce que le gouvernement a mis le holà et
a voulu contrôler la religion. Il y a eu des jeunes ouzbeks qui sont allés
étudier en Arabie Saoudite, en Egypte et Jordanie. Ceux-là quand
ils reviennent, à priori, on peut supposer qu'ils sont davantage sensibilisés
aux thèmes islamiques et qu'ils sont davantage prêt à porter
une cellule du Hizb ut-Tahrir par exemple. »
Est-ce
à dire qu'il y a un islam d'importation ?
Laurent
Vinatier - «Non. Parce qu'il n'y a aura pas d'influence wahhabite
[Le Wahhabisme est un courant islamique rigoriste né en Arabie Saoudite
aux XVIIIe siècle, fondé par Ibn Abd al-Wahhab prônant le
retour à une stricte obéissance du Coran]. Les problématiques
restent locales. Le wahhabisme leur sert à s'imposer par rapport aux autres.
Ca leur sert à dire " moi je sais. J'ai été éduqué,
j'ai appris et donc je peux être votre chef, contrôler et emmener
une cellule ". Mais le moteur de leur militantisme reste très local.
»
Pour
résumer, la spécificité en Asie centrale est, que même
s'il y a des importations d'idées et de manières de faire, les préoccupations
des islamistes centrasiatiques sont avant tout locales
Laurent
Vinatier - «Exactement. C'est la raison pour laquelle il n'y
avait aucune chance pour que les taliban exportent leur modèle en Asie
centrale, cela ne pouvait pas marcher. »
Quelle
est leur audience parmi la population ?
Laurent
Vinatier - «Le MIO n'avait pas une grande audience et principalement
à la frontière tadjiko-kirghize et dans la vallée de Ferghana
kirghize mais aujourd'hui ce n'est plus vrai, comme le mouvement a été
décapité et que l'on ne sait pas où se trouvent leur chefs.
Leur avantage, c'est qu'ils avaient des armes et qu'ils étaient entraînés.
Mais le Hizb ut-Tahrir a une influence croissante. C'est très difficile
d'apporter des preuves mais lorsque l'on est sur le terrain, on le ressent. Si
la menace que représentait le MIO a diminué, le Hizb ut-Tahrir quant
à lui continue de constituer une vraie menace. Il est fort dans le Ferghana
ouzbek et kirghize, à Tachkent, dans le Sud du Kazakhstan et à Douchanbe.
Il y avait un seul danger qui se présentait : c'était que le MIO
parvienne à trouver des relais locaux au sein du Hizb ut-Tahrir et là
il y aurait eu une vrai menace. J'ai l'impression qu'aujourd'hui, le Hizb ut-tahrir
seul du fait qu'il n'a pas de moyens aura difficilement un impact à court
terme. Le MIO avait des moyens mais il n'est plus organisé et il n'a pas
de base sociale au sein des républiques. Mais les deux ensembles, ils auraient
pu avoir un impact à court terme, mais ça ne s'est pas fait. »
Y
a-t-il un danger de radicalisation des régimes politiques du fait des mouvements
islamistes ? Ou bien est-ce l'autoritarisme des régimes centrasiatiques
qui ont entraîné la radicalisation des mouvements islamistes ?
Laurent
Vinatier - «L'un va avec l'autre. Mais en fait, les régimes
en eux-mêmes sont des dictatures. Et ils n'ont besoin de personne pour rester
autoritaire. Le fait qu'ils soient autoritaires et que la situation économique
en Ouzbékistan ne s'améliore pas ne font qu'accroître l'islamisme.
Cela veut peut être dire que le régime va devenir de plus en plus
autoritaire mais cela ne veut pas dire que l'islamisme qui existe dans ces pays
là va provoquer une chute du régime. Le Hizb ut-Tahrir n'a pas les
moyens pour l'instant de renverser le régime. »
C'est
un peu le statu quo pour l'instant alors ?
Laurent
Vinatier -
«Oui, sauf
que la situation économique est très grave, en tout cas pour l'Ouzbékistan.
Et donc à mon avis, d'après ce que j'entends, ce qui se passe, ce
sont des changements internes au pays et au sein du pouvoir. Il est tout à
fait possible d'imaginer que le pouvoir se change lui-même. Karimov n'est
pas immortel et il va bien falloir lui trouver un successeur. Donc c'est dans
cette discussion là que ce trouve l'avenir de l'Ouzbékistan. »
C'est
l'auto renouvellement du régime ou non qui est en
question ?
Laurent
Vinatier -
«Comment sera
le successeur, aussi dur que lui, mais pas forcément avec le même
passé soviétique, pas la même histoire, pas les mêmes
relations avec les Russes ni avec les Etats-Unis. La vraie question en Ouzbékistan
et en Asie centrale en général, ce n'est pas de savoir si l'islamisme
est puissant ou pas et s'il va renverser le pouvoir, c'est plutôt comment
le pouvoir va-t-il se renouveler et changer. »
Quel
changement l'intervention américaine a-t-elle apporté dans la région
?
Laurent
Vinatier - «L'intervention américaine a légitimé
les régimes en place en Asie centrale, même si les Américains
ne le voulaient pas forcément. Mais ils ne pouvaient pas faire autrement.
»
C'était
un peu la condition sine qua non pour lutter contre les " terroristes "
?
Laurent
Vinatier - «C'est assez révélateur par le fait
qu'ils aient essayé de motiver les pouvoirs à assouplir les règles
et d'introduire un peu plus de droits de l'homme et de démocratie à
condition de les aider économiquement. Ils ont pris acte que les régimes
en place étaient comme cela.»
Existe-t-il
une société civile en Asie centrale capable de réformer le
pays ?
Laurent
Vinatier -
«Il n'y a
pas de société civile. Les gens sont tous contrôlés.
Ils font tous attention à ce qu'ils disent. Les personnes qui souhaitent
mener des activités indépendantes sont reprises en main rapidement
ou sont surveillées. On ne peut pas dire qu'il existe des associations
indépendantes. Les journalistes ou les militants des droits de l'homme
ne sont pas nombreux. »
Propos
recueillis par Dimitri Beck
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| A
propos de Laurent Vinatier |
| Diplômé
de l'Institut d'Etudes politiques, aujourd'hui jeune chercheur à l'Institut
Choiseul pour la Politique internationale et la Géoéconomie, Laurent
Vinatier est titulaire d'un DEA de géopolitique et d'un DESS de Défense
(Paris-II). Il a passé 18 mois en Asie centrale en tant que coopérant
du Service national. Il a également travaillé au Bureau du Conseiller
spécial pour les Affaires d'Europe centrale et orientale du Secrétaire
général de l'Otan et rédigé plusieurs rapports d'information
pour l'organisation non gouvernementale International Crisis Group. |